Zoom sur… Rogelio LOZANO, directeur de l’Unité Mixte Internationale LAFMIA

Rogelio Lozano est directeur du Laboratoire Franco Mexicain d’Informatique et d’Automatique (LAFMIA), Unité Mixte Internationale qui constitue l’un des symboles du dynamisme de la coopération scientifique entre la France et le Mexique.

 

lafmia

Présentez-nous en quelques phrases l’UMI LAFMIA.

L’Unité Mixte Internationale LAFMIA (Laboratoire Franco Mexicain d’Informatique et d’Automatique) a été créé en 2008 suite à la fusion de deux laboratoires Internationaux Associés (LIA), le LAFMAA (Automatique) et le LAFMI (Informatique).

L’UMI est rattachée à l’institut INS2I (Institut des sciences de l’information et de leurs interactions) du CNRS, au CINVESTAV (Centre de Recherche et d’Etudes Avancées de l’Institut Polytechnique National) et au CONACYT. Les trois universités associées et également tutelle de l’unité sont l’Université de Technologie de Compiègne UTC, l’Institut Polytechnique de Grenoble et l’Université Joseph Fourrier. Le LAFMIA est hébergé au sein du CINVESTAV à Mexico et dispose également de locaux au sein de l’Université de las Americas à Puebla.

Quelles sont les principaux thèmes de recherche de l’UMI LAFMIA ?

Les travaux de recherche de l’UMI sont centrés sur l’informatique et l’automatique, et plus particulièrement sur la robotique.

Plus précisément, le laboratoire travaille principalement sur les drones et les sous-marins miniatures, ainsi que sur les exosquelettes, soit pour augmenter la force d’un membre, soit pour combler une déficience motrice d’une personne.

Sur ces thématiques, l’unité de recherche collabore également avec le Laboratoire d’Informatique Robotique Microélectronique de Montpellier (LIRMM) et l’École nationale supérieure de techniques avancées Bretagne.

Parlez-nous maintenant de votre parcours personnel.

J’ai obtenu un diplôme d’ingénieur à l’Institut Polytechnique National IPN dans le domaine de l’électronique et des télécoms avant de faire un Master d’Automatique au sein du CINVESTAV. J’ai eu l’occasion de rencontrer plusieurs français pendant ce master, ce qui m’a donné envie de poursuivre mes études en France. J’ai donc fais une thèse au sein du Laboratoire d’Automatique de Grenoble, qui s’appelle aujourd’hui le laboratoire GIPSA.

Apres un retour au CINVESTAV, suivi de séjours en Australie et dans un laboratoire de la NASA, j’ai accepté un poste de professeur associé à Grenoble puis de directeur du laboratoire Heudiasyc de l’UTC à Compiègne. Enfin, je suis depuis 2008, directeur de l’UMI LAFMIA.

Comment percevez-vous la coopération scientifique entre la France et le Mexique. Quelle sont selon vous les apports de telles collaborations entre les chercheurs des deux pays et quel rôle joue l’UMI LAFMIA pour renforcer ce lien ?

Il est vrai que la France est un pays très attractif pour l’étudiant ou le scientifique mexicain. L’UMI est en quelque sorte une opportunité pour avoir un premier contact avec la France. La structure est en contact avec plusieurs universités françaises et, grâce aux appuis financiers du CONACYT, il est possible d’envoyer des étudiants et chercheurs mexicains pour des séjours en France. Cela permet de leur ouvrir les yeux et de leur faire découvrir une autre culture. C’est également très bénéfique de se confronter à un autre contexte de recherche et à des méthodes de travail différentes.

Les chercheurs français sont également intéressés par le Mexique mais il est vrai que les moyens qui leur permettent d’y réaliser des séjours longue durée sont plus compliqués à obtenir. Nous avons récemment créé un programme de doctorat dans le domaine de la robotique ce qui va permettre de développer plus facilement des séjours de recherche, voir des codirections de thèses. Il est vrai également que le Mexique ne bénéficie parfois pas d’une très bonne image pour celui qui ne connait pas le pays. L’UMI favorise la visite de chercheurs français pour de courts séjours, ce qui leur apporte une première approche du Mexique. Cela permet souvent d’effacer, si il y en avait, les idées reçues sur le pays, et favorise ensuite des collaborations plus importantes

L’UMI essaye aussi de définir des sujets de recherche attractifs pour les chercheurs français et mexicains. C’est le cas par exemple pour le thème des exosquelettes, qui n’est pas encore très exploité en France et qui fait donc de l’unité une destination intéressante pour un scientifique souhaitant travailler sur cette thématique.

Un dernier point me semble important. Il est souvent difficile d’obtenir une bourse en France alors que cela peut parfois être plus facile au Mexique. L’UMI peut donc permettre à des chercheurs français d’obtenir une première bourse, certes moins élevé que celles offertes en France, mais qui peut servir de tremplin pour la suite de leur carrière.

Plus d’information :

http://www.hds.utc.fr/lafmia
http://lafmia.imag.fr
http://umi.cinvestav.mx